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Interview RTS sur les cryptomonnaies privées
Les premières cryptomonnaies comme Bitcoin n’offrent quasiment aucune protection de la vie privée : toutes les transactions sont publiques. C’est de cette absence qu’est née une nouvelle génération de cryptomonnaies dites confidentielles, comme Monero, qui cherchent à rendre les paiements anonymes.
Ces monnaies sont souvent mal perçues, car associées au crime. Mais elles sont aussi cruciales pour des personnes qui vivent sous des régimes autoritaires, où chaque paiement peut être surveillé.
Ma recherche porte sur les fondements cryptographiques de ces systèmes. Elle vise à renforcer leur sécurité, leur confidentialité et leur efficacité. Ces mêmes techniques peuvent servir ailleurs, par exemple pour garantir le secret du vote électronique ou de l'identité digitale.
Personnellement, je pense qu’interdire ces monnaies est excessif. On peut encadrer leur usage sans partir du principe que chaque utilisateur est un criminel.
Démonstration
"Je vais vous montrer comment une transaction Monero se déroule."
(Ouvrir le portefeuille Monero GUI)
"D’abord, je me connecte à mon portefeuille. Contrairement à un compte bancaire, ici je contrôle moi-même mes fonds."
(Afficher le solde)
"Voici mon solde. Si je veux envoyer de l’argent, je clique simplement sur Envoyer."
(Cliquer sur "Envoyer")
"Je saisis l’adresse du destinataire — elle ressemble à ceci : une longue chaîne de caractères comme celle-ci. Cette adresse permet au destinataire de recevoir les fonds sans révéler son identité."
(Coller une adresse factice)
"Je choisis ensuite le montant. Ce qui est important ici, c’est que Monero va automatiquement brouiller cette transaction."
(Cliquer sur "Envoyer" ou montrer la construction)
"Concrètement, Monero va mélanger la pièce que j’envoie avec d’autres pièces qui ressemblent à la mienne, mais qui appartiennent à d’autres personnes. On appelle ça des ‘leurres’. Du point de vue d’un observateur extérieur, difficile de savoir laquelle est la vraie. Ce mécanisme promeut l'intraçabilité."
"En plus, le destinataire reçoit l’argent sur une adresse cachée — une adresse qu’on ne peut pas voir sur la blockchain. Et même le montant est chiffré. En résumé : personne ne peut savoir qui a payé qui, ni combien."